ARTICLE 22 : l’appropriation culturelle

 

 Long time no see !

Après ma longue absence due à mes révisions des partiels et aussi à un sérieux manque de motivation (autant être honnête), je reviens pour vous faire un article sur l’appropriation culturelle comme je vous l’avais dit dans le dernier article. J’avais très très envie de faire un article sur ce sujet parce que c’est un débat quasiment omniprésent sur les réseaux sociaux et en général en société (plus aux USA qu’en France). Je sais que c’est un sujet assez compliqué, parce qu’en soit les limites en sont très floues ; certains penseront que ça existe et d’autre diront que c’est du bullshit. Néanmoins, je pensais qu’il était quand même important de définir ce que c’est.

 article 22 b.jpg  On va commencer par définir ce que c’est. Susan Scafidi est une professeure de droit à Fordham et dans son livre Who owns culture elle définit l’appropriation culturelle comme « prendre la propriété intellectuelle, les connaissances traditionnelles ou les artefacts de la culture de quelqu’un d’autre sans permission. Cela peut inclure l’utilisation non autorisée de la danse, des vêtements, de la musique, de la langue, du folklore, de la cuisine, de la médecine traditionnelle, des symboles religieux, etc. C’est plus susceptible d’être blessant quand la communauté est une minorité qui a été opprimée ou exploitée de diverses manières ou lorsque l’objet de l’appropriation est particulièrement sensible, par exemple des objets sacrés. ». On pourrait dire d’une manière plus courte que c’est quand une personne s’approprie et reproduit les codes d’une culture d’un groupe minoritaire sans respecter ou connaître la culture et son passé culturelle. Ça dépouille le groupe de son identité culturelle.

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« – Est-ce que tu connais la signification derrière les choses que tu portes? -Non, mais j’ai tout eu en solde chez Urban Outfitters. En plus je suis jolie, alors je m’en fous »

 

Lasseindra Ninja dans un interview pour le Huffington Post a proposé une définition article 22 csimilaire à celle de Susan Scafidi. Pour Lasseindra l’appropriation culturelle c’est « s’octroyer le droit de prendre le bien culturel d’autrui pour en tirer un bénéfice qui ne sera pas rendus aux créateurs du mouvement. […] Par exemple le fait de reprendre des locks, qui sont quand même issues d’une religion particulière, une religion qui est le rastafarisme c’est reprendre les codes sans en avoir conscience et détacher le physique du spirituel c’est de l’appropriation culturelle. C’est choisir un aspect dans le but de le commercialiser. Le fait qu’on se lève et qu’on protège notre patrimoine culturel va être perçu comme du racisme anti-blanc par beaucoup de personnes, alors que le fait de protéger sa culture n’est pas du racisme. Ce n’est pas être contre la société. C’est juste protéger ce qu’il nous reste en fait. Et pour moi, le fait que les mots ou les choses soient repris et partagés n’est pas forcément une victoire. C’est une victoire à partir du moment où vous êtes crédités : on sait d’où ça vient, qui l’a créée et pourquoi c’est là. Si c’est juste aux yeux du grand public et que tout le monde peut se servir sans savoir d’où ça vient vous n’avez pas gagné, vous avez été volé »

Mon opinion sur l’appropriation culturelle est similaire aux précédentes ; pour moi il y a partage des cultures (donc appréciation culturelle) quand on respecte la culture autrement comme l’a dit Lasseindra c’est du vol. On demande un minimum de respect pour les traditions et l’histoire culturelle. Le problème est que c’est de la fétichisation sans rétribution. C’est Greg Tate, un écrivain afro-américain, qui va expliquer que c’est utiliser les codes d’un peuple sans subir ses souffrances et au contraire et gardant ses privilèges ; en gros tu prends tout sauf le fardeau. Tous ces arguments que je vois en sur les réseaux sociaux de gens qui disent qu’il n’y a pas d’appropriation culturelle parce qu’il faudrait apparemment passer au-dessus de ça et partager et entremêler les cultures ou encore que l’appréciation culturelle n’existe pas…. Non. Juste non.  

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 » – J’adore cette peau ! Je prend ! Et ces jolies lèvres.. Oui ! Magnifique ! Je veux ! Donnez moi aussi ce cul et ces cheveux ! Le reste… Gardez le. ( sur les panneaux : images négatives, représentation inégale dans les médias, brutalités policières, viols) »

Quelques exemples d’appropriation culturelle :

*  Quand Victoria’s Secret fait porter à une de ses mannequins une coiffe amérindienne en ignorant sa signification bien particulière. Après un peu de recherches j’ai appris qu’en fait les coiffes amérindiennes sont des bonnets de guerre qu’uniquement des guerriers peuvent porter. Chaque plume gagnée équivaut à un acte valeureux. Et ça, cette appropriation culturelle amérindienne c’est ultra récurrent aux USA et en particulier aux USA.

*    Katy Perry qui a fait de l’appropriation culturelle et pas qu’une fois. Un jour elle s’habille en geisha (en plus en confondant toutes les cultures asiatiques) … Un jour elle s’habille en Cléopâtre… Bref.

*  Selena Gomez qui porte un bindi, encore une fois en négligeant sa signification.

*  Beyoncé qui porte unbe tenue traditionnelle indienne dans un de ses clips.

*  Tout récemment, Pull and Bear et Etam qui s’approprie des tissus africains en ne créditant rien ni personne et n’ayan pas la décence de montrer des mannequins d’origine africaine dans leurs campagnes publicitaires.

*  De manière générale l’appropriation culturelle des tresses africaines ; les tresses africaines racontent une histoire : déjà l’histoire des tresses remonte à 3500 avant JC. Dès le 15ème siècle en Afrique, les tresses permettaient de distinguer l’âge, la religion, le rang social et le groupe de famille auquel les individus appartenaient. On met des heures et des heures à s’en faire. Pendant la période de l’esclavagisme, même si les africains étaient confrontés à une perte de leur identité, les tresses étaient toujours présentes et constituaient une manière de revendiquer sa culture.

*  Tandis que lorsqu’une femme noire porte des tresses africaines on va s’exclamer et dire que ça fait ghetto, que c’est pas propre ou pas professionnel, mais qu’est c’est Bo Derek ou Kim Kardashian qui en pore tout de suite c’est magnifique, novateur et tout le monde fera des articles pour avoir le même look. Il y a un problème non ?

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 Karlie Kloss pour Victoria Secret.

 

Il y a une très très fine ligne entre appropriation culture et appréciation culturelle. Il y a appréciation quand l’échange bénéficie et rend honneur aux deux parties ; c’est quand il y a respect. La limite est pas immuable. Susan Scafidi, que j’ai présenté au début affirme que c’est « Intéressant de décrire la limite entre appropriation et appréciation comme une ligne tracée dans le sable parce qu’elle n’est pas immuable. Elle se déplace en fonction du temps et de l’espace. Dans la mesure où la culture elle-même est très fluide et en mouvement constant ». Je vais vous donner un exemple honorable dans la haute couture d’appréciation culturelle ; Hermès qui a fait une collection de saris en 2011 et qui a collaboré avec des petits designers indiens pour la réaliser. Ça c’est bien et c’est exactement ça qu’on veut ! Ou encore par exemple porter un foulard de type hijab ou un bindi (par exemple un Inde) dans un endroit où c’est la norme c’est de l’appréciation culturelle parce qu’il y a respect de la culture et de la tradition du pays en question.

Je compte terminer l’article ici car il sera en deux parties comme je l’ai expliqué dans l’introduction. Pour conclure, avant même de faire de l’appropriation culturelle il faut demander aux concernés leurs opinions et ensuite essayer d’en savoir plus et de respecter la culture concernée afin que le tout devienne de l’appréciation. C’est aussi simple que ça, peu importe ce qu’on approprie, que ça soit mercantile, culturelle, etc… Maintenant l’autre problème avec l’appropriation culturelle, c’est de savoir où sont les limites.. J’ai trouvé une vidéo très bien et explicative qui pourra certainement intéresser certains.  

Sur ce, je vais achever l’article. A la prochaine ! Abonnez vous au blog pour être averti à chaque article et vous pouvez également me trouver sur Instagram (evarmageddon) et twitter (3varmageddon) !

3 réflexions au sujet de « ARTICLE 22 : l’appropriation culturelle »

  1. Un sujet très intéressant. Xenia, la fondatrice de l’enseigne Lime Crime a utilisé un mannequin de type caucasien grimée et portant des attributs de geisha, japonais, donc, pour sa palette « China doll »… Beaucoup lui ont reproché son appropriation culturelle et son racisme. Clairement, pour elle, une culture asiatique en égale une autre…

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